Pliny the Elder et kraken

Pliny the Elder, le naturaliste antique qui inspira les légendes marines

Pline l’Ancien (en latin Gaius Plinius Secundus, 23 – 79 apr. J.-C.) fut un érudit romain, officier de marine et auteur prolifique, connu principalement pour son œuvre monumentale : la Naturalis Historia. Ce vaste recueil, en trente-sept livres, est l’une des premières grandes tentatives de compilation du savoir naturel de l’Antiquité. Dans cet ouvrage, il traite de géographie, de zoologie, de minéralogie, d’ethnographie, et bien entendu, de créatures marines.

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S’il n’a pas inventé le Kraken, Pline l’Ancien a sans conteste contribué à créer le terreau intellectuel et mythologique dans lequel cette créature allait plus tard prendre racine.

La mer comme royaume des merveilles

Dans la Naturalis Historia, Pline rapporte une multitude d’observations, souvent issues de récits de navigateurs grecs, de légendes locales, ou d’anciens auteurs comme Aristote. Loin d’être un simple rationaliste, il transmet sans distance critique les histoires de monstres marins : serpents géants, poissons aux formes fantastiques, baleines colossales, poulpes géants…

C’est dans ce contexte qu’apparaît un récit célèbre : celui d’un poulpe gigantesque (polypus), capable de sortir de la mer pour voler du poisson dans les viviers humains. Ce récit, rapporté avec un luxe de détails, décrit un animal doté de tentacules de plusieurs mètres, d’une tête énorme et d’une ruse notable. Certains chercheurs y voient la plus ancienne mention textuelle d’un ancêtre du Kraken, ou du moins, d’une créature qui partage ses traits fondamentaux.

Entre zoologie et légende

Pline tente parfois d’analyser les créatures qu’il décrit, mais il ne sépare pas la science de la fable. Pour lui, le monde est merveilleux par essence, et la nature divine produit aussi bien des lions que des êtres fantastiques. Il n’écarte donc pas les monstres marins comme invraisemblables : au contraire, il les inscrit dans une cosmologie où l’extraordinaire est une preuve de la grandeur du monde.

Cette approche a influencé de nombreux auteurs médiévaux et modernes. Sa Naturalis Historia a été recopiée, commentée, traduite et diffusée pendant plus d’un millénaire, devenant une référence incontournable dans l’histoire naturelle.

Une influence indirecte sur le Kraken

Même si le mot « Kraken » n’existe pas dans l’Antiquité, les créatures tentaculaires évoquées par Pline participent à l’élaboration progressive d’un mythe marin européen. Son poulpe géant est repris dans des textes médiévaux, transmis à travers les bestiaires, et transformé peu à peu, jusqu’à devenir le colosse sous-marin que nous connaissons.

Ainsi, Pline l’Ancien est un précurseur involontaire : en collectant les récits des anciens et en leur donnant une place dans un ouvrage savant, il a ancré ces figures dans le champ du pensable. Il a permis à la rumeur marine de survivre, d’évoluer, et de nourrir les représentations futures.

Le legs d’un homme face à l’inconnu

Pline meurt en 79 apr. J.-C. lors de l’éruption du Vésuve, qu’il observe de près dans un souci scientifique. Cette fin tragique symbolise l’idéal antique du savant face aux forces de la nature. Son œuvre, elle, continue de hanter les eaux profondes de notre imaginaire.

En définitive, Pline l’Ancien ne fut pas l’inventeur du Kraken, mais bien l’un de ses premiers passeurs. Par son travail d’encyclopédiste, il a fixé les contours flous d’un bestiaire marin qui deviendra, des siècles plus tard, l’un des fondements du mythe du Kraken.


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